Deux ans après ses presque 2 millions d’entrées en salles, la comédie de Julien Hervé arrive enfin sur une chaîne gratuite. Et M6 a choisi la bonne semaine pour le faire.
Un film qui n’avait pas besoin qu’on le présente
Avec 1 953 363 entrées, Cocorico était le 2e plus gros succès du box-office français en 2024, derrière Dune 2 et devant Bob Marley One Love. Pour une comédie française sans star internationale et sans franchise préexistante, c’est un résultat qui force le respect. C’est aussi la première fois que Christian Clavier et Didier Bourdon partageaient l’affiche d’un même film. Ils s’étaient croisés au théâtre, remplacé l’un l’autre à l’écran, mais jamais joué ensemble. Le public avait clairement attendu ça.
Le pitch est simple et efficace : deux familles socialement opposées — les Martin, modestes, et les Bouvier-Sauvage, descendants d’aristocrates se réunissent pour le mariage de leurs enfants et offrent des tests ADN en guise de cadeau. Les résultats sont inattendus, et la surprise vire au chaos. C’est la recette du choc des cultures portée à son paroxysme, quelque chose entre Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et les Visiteurs, sans les effets spéciaux. Ça fonctionne parce que les deux acteurs sont parfaitement à l’aise dans leurs registres respectifs, et que Julien Hervé, scénariste des Tuche 2, 3 et 4, signe ici son premier long-métrage solo.
Le bon timing, pour de bonnes raisons
M6 n’a pas choisi cette date par hasard. Cocorico 2 est actuellement en salles, sorti le 8 avril 2026. Diffuser le premier opus juste après, c’est une mécanique commerciale classique mais bien huilée. Et pour les téléspectateurs qui ont loupé le film à sa sortie en 2024, c’est une vraie opportunité de rattrapage avant d’envisager la suite.
La soirée du 16 avril ne s’arrête pas là. Après le film à 21h10, M6 propose à 22h50 un documentaire inédit de 52 minutes, Un inconnu nommé Bourdon, où Didier Bourdon se raconte dans une « maison à remonter le temps » avec archives cultes et témoignages de ses proches. C’est une vraie soirée thématique, bien construite, autour d’un acteur qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus que d’habitude.
Drôle, mais pas sans arrêtes
Quelques mots sur le film lui-même, parce que ce serait dommage de passer à côté. Cocorico ne réinvente rien. C’est de la comédie de situation bien calibrée, avec des gags franchement bêtes et une tendresse réelle pour ses personnages. Il y a des maladresses, des clichés assumés qui ne passent pas toujours. Les avis des spectateurs sont d’ailleurs partagés sur ce point. Mais le duo Clavier-Bourdon dégage quelque chose de sincère, et dans le contexte d’une soirée canapé-télé, ça fait son effet.
Le réalisateur Julien Hervé a d’ailleurs confié au Parisien que la fin ouverte était un conseil de Clavier lui-même : « Dans le doute, fais une fin ouverte. C’est un pro ! ». Deux ans plus tard, la suite est en salles. Le conseil était bon.
